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Réglementation

SORA & PDRA : sortir de la catégorie ouverte en 2026

SORA, PDRA, STS : les trois voies de la catégorie Spécifique en 2026. Quand ta mission sort de la catégorie Ouverte et comment choisir la bonne procédure DGAC.

Par Ianis M.6 min de lecture

La plupart des télépilotes pros croient qu'il n'existe que deux mondes : la catégorie Ouverte, simple et déclarative, et « le reste », vaguement compliqué. En réalité, dès que ta mission dépasse les limites de l'Ouverte, tu entres dans la catégorie Spécifique — et là, tu as le choix entre trois procédures distinctes, de la plus légère à la plus lourde. Savoir laquelle s'applique à ton opération, c'est la différence entre une autorisation obtenue en quelques jours et un dossier qui traîne des semaines.

Ce brief pose les déclencheurs qui te font sortir de l'Ouverte, les trois voies de la Spécifique (STS, PDRA, SORA), et la logique de choix. C'est le prolongement direct de notre article sur l'inspection industrielle par drone, où presque chaque mission bascule dans la Spécifique.

Quand tu bascules hors de la catégorie Ouverte

La catégorie Ouverte est faite pour les opérations à faible risque, sans autorisation préalable. Tu en sors dès que l'un de ces seuils est franchi :

  • Vol au-dessus de 120 mètres au-dessus du point de décollage
  • Vol hors vue (BVLOS) — au-delà de la distance où tu gardes le drone à l'œil nu
  • Survol de tiers rassemblés ou opération en zone peuplée dense hors des marges autorisées
  • Drone lourd ou configuration non couverte par les classes C0 à C4
  • Distances horizontales importantes au drone qui te font perdre le contrôle visuel fiable

Une inspection d'éolienne (hauteur), une inspection de ligne électrique (linéaire, souvent BVLOS) ou un vol de captation au-dessus d'une foule te projettent tous dans la Spécifique. Ce n'est pas une zone grise : c'est un cadre réglementaire précis, avec ses propres procédures.

Les trois voies de la catégorie Spécifique

Voie 1 — Les STS (déclaration). Depuis le 1er janvier 2026, les scénarios nationaux S1 à S4 ont disparu, remplacés par les scénarios standards européens STS-01 (en vue, zone au sol contrôlée) et STS-02 (hors vue, zone peu peuplée). Avantage : une simple déclaration à la DGAC suffit. Contrainte : ils exigent un drone portant le marquage C5 ou C6. Nous détaillons l'arbitrage entre les deux dans notre comparatif STS-01 vs STS-02.

Voie 2 — Les PDRA (autorisation allégée). Une PDRA (Pre-Defined Risk Assessment) est une analyse de risque déjà réalisée par l'EASA pour un type d'opération donné. Tu n'as pas à produire ta propre analyse : tu remplis le tableau de conformité, tu rédiges ton manuel d'exploitation, et tu déposes une demande d'autorisation.

Voie 3 — La SORA (analyse complète). Quand ton opération n'entre dans aucun STS ni aucune PDRA, tu dois conduire une SORA (Specific Operations Risk Assessment) : l'analyse de risque intégrale, menée par toi, soumise à la DGAC pour autorisation.

PDRA : l'autorisation allégée que beaucoup ignorent

C'est la voie la plus sous-utilisée, et souvent la plus adaptée aux inspections pros. Il existe deux familles de PDRA : les PDRA-S (S01 et S02), qui sont les miroirs quasi identiques des scénarios STS-01 et STS-02, et les PDRA-G (G01, G02, G03), génériques, pour des opérations plus variées.

Concrètement, si tu veux voler en STS-02 mais que ton drone n'a pas le marquage C6, la PDRA-S02 te permet la même opération via une autorisation. C'est un point que beaucoup découvrent trop tard, après avoir cru qu'il fallait racheter un aéronef certifié.

5 PDRA
Nombre de PDRA publiées et exploitables en catégorie Spécifique : PDRA-S01, PDRA-S02 (miroirs des STS) et PDRA-G01/G02/G03 (génériques)
Source : EASA, Predefined Risk Assessment (PDRA)

SORA : quand rien d'autre ne colle

La SORA est le dernier recours — non par difficulté insurmontable, mais par charge de travail. Tu la déclenches quand ton opération sort du périmètre de tous les STS et de toutes les PDRA : profil de vol atypique, environnement non couvert, combinaison de risques particulière.

La SORA impose de caractériser le risque au sol et en l'air, de déterminer un niveau de robustesse (le SAIL), puis de justifier les mesures d'atténuation correspondantes. C'est un dossier substantiel, qui prend du temps et suppose une vraie maîtrise méthodologique. La règle de bon sens : ne conduis une SORA que si aucune PDRA ne couvre ton besoin. Beaucoup d'exploitants s'engagent dans une SORA complète alors qu'une PDRA-G aurait suffi.

Comment choisir en pratique

La logique de décision est une cascade, du plus simple au plus lourd :

  1. Mon opération entre-t-elle dans un STS ? Si oui et que j'ai un drone C5/C6 → déclaration STS. C'est le plus rapide.
  2. Sinon, une PDRA la couvre-t-elle ? Si oui → autorisation PDRA, sans analyse de risque à produire. C'est le meilleur rapport simplicité/accessibilité pour la majorité des inspections pros.
  3. Sinon → SORA. Analyse de risque complète, le cadre pour les opérations vraiment hors norme.

Le réflexe qui fait gagner des semaines : ne saute jamais une marche vers le haut par excès de prudence. Un télépilote qui monte une SORA alors qu'une PDRA-S02 suffisait s'inflige des semaines de travail pour rien.

Mon analyse

La complexité de la catégorie Spécifique est largement surévaluée dans la tête des télépilotes — et cette peur leur coûte des marchés. La plupart des inspections industrielles rentables (éolien, réseaux, ouvrages) tiennent dans une PDRA, pas dans une SORA. Le blocage n'est pas réglementaire, il est psychologique : on imagine un dossier insurmontable là où existe une procédure prédéfinie prête à remplir.

Mon conseil pour 2026 : familiarise-toi avec les PDRA avant même d'en avoir besoin. Le jour où un client te demande une inspection au-delà des limites de l'Ouverte, tu dois savoir en trente secondes si c'est un STS, une PDRA ou une SORA — c'est cette lecture rapide qui te fait décrocher la mission pendant que le concurrent hésite encore.


Sources

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Article signé Ianis M., fondateur d'Aéronote, télépilote DGAC certifié CATS. Une question, une correction, un droit de réponse ? Utilise le formulaire de contact.

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