CATS 2026 : le guide complet du nouveau certificat télépilote
Le CATT a expiré fin 2025. Depuis, le CATS est la seule voie pour opérer en catégorie Spécifique : STS-01, STS-02, PDRA, SORA. Voici ce que l'examen change pour les télépilotes pros, comment s'y préparer, et ce qu'il coûte réellement.
Depuis le 1er janvier 2026, le CATS a remplacé le CATT pour tout télépilote qui vise la catégorie Spécifique européenne. Cinq mois plus tard, l'examen a son rythme, ses pièges et ses attentes. Les retours terrain sont clairs : ce n'est pas un CATT version 2, c'est un autre exercice, avec un autre cadre, un autre objectif et une autre exigence.
Ce guide pose tout à plat. Ce qu'est le CATS, pourquoi il existe, qui doit le passer, combien il coûte vraiment. Sources primaires citées — textes JORF, règlements EASA, notices DGAC. Et en fin d'article, mon retour direct sur mon propre passage.
Ce qu'est le CATS (et d'où il vient)
CATS signifie Certificat d'Aptitude Théorique de Télépilote — catégorie Spécifique. C'est un certificat théorique français qui valide qu'un candidat maîtrise les connaissances nécessaires pour opérer un aéronef sans personne à bord en catégorie Spécifique, au sens du règlement (UE) 2019/947.
Deux précisions importantes. D'une part, le CATS ne remplace pas le brevet pratique : c'est un examen théorique, équivalent du « code de la route » du télépilote. Pour voler en STS-01 ou STS-02, il faut ensuite une formation pratique, un examen pratique, et une déclaration d'exploitant auprès de la DGAC via AlphaTango.
D'autre part, le CATS ne concerne que la catégorie Spécifique. Si tu opères uniquement en catégorie Ouverte — ce qui, depuis l'arrêté du 23 décembre 2025, est devenu possible en agglomération pour les pros déclarés — tu n'as pas besoin du CATS. Tu passes simplement la formation A1/A3 en ligne et, selon le drone, l'A2.
Pourquoi il a remplacé le CATT
Le CATT — Certificat d'Aptitude Théorique de Télépilote, sans S — était la version française historique. Il accompagnait les scénarios nationaux S1, S2 et S3. Ces trois scénarios étaient des cadres d'opération spécifiquement français, construits avant l'harmonisation européenne.
Le règlement 2019/947 a imposé un cadre commun à tous les États membres. La France a bénéficié d'une période transitoire étendue jusqu'au 31 décembre 2025. Deux textes clôturent cette transition.
Le décret 2025-1449 du 31 décembre 2025 modifie le Code des transports sur la formation des télépilotes. L'arrêté du 23 décembre 2025 refond les conditions d'exploitation en France et acte, au passage, l'extinction définitive des scénarios S1, S2 et S3. Depuis le 1er janvier 2026, ces trois scénarios ne sont plus valables. Les opérateurs qui étaient sous S1/S2/S3 ont dû basculer en STS-01, STS-02, PDRA ou SORA — ce qui implique, pour la plupart, de repasser le théorique sous la forme du CATS.
Le CATT est donc éteint. Il n'est plus délivré, et ceux qui en étaient titulaires ne peuvent plus s'en prévaloir pour opérer en catégorie Spécifique depuis le 1er janvier 2026.
Qui doit passer le CATS
Le CATS concerne tous les télépilotes qui visent la catégorie Spécifique. Dans la pratique, cela recouvre (voir notre comparatif STS-01 vs STS-02 pour le détail des conditions, matériel et coûts) :
- Les opérations en STS-01 : vol en vue directe (VLOS) en zone peuplée, avec un drone certifié de classe C5. Typique des missions de captation audiovisuelle en ville, de suivi de chantier, d'inspection d'ouvrages urbains.
- Les opérations en STS-02 : vol hors vue directe (BVLOS) en zone peu peuplée, avec un drone certifié de classe C6 et des observateurs au sol. Typique des missions de relevé topographique étendu, d'inspection linéaire (pipeline, ligne électrique), de surveillance environnementale.
- Les opérations sous PDRA (Predefined Risk Assessment) : scénarios prédéfinis européens hors STS, publiés par l'EASA. Moins utilisés en France qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas, mais présents pour certaines missions spécifiques.
- Les opérations sous SORA (Specific Operations Risk Assessment) : opérations sur-mesure évaluées au cas par cas par la DSAC. Plus lourdes, réservées aux opérateurs qui ont besoin d'un scénario hors cadre standard (vol très haut, vol nocturne au-dessus de foules, etc.).
En revanche, le CATS n'est pas requis pour :
- La catégorie Ouverte, même en zone peuplée depuis l'arrêté du 23 décembre 2025. Les sous-catégories A1, A2 et A3 ont leurs propres formations en ligne, beaucoup plus légères.
- Le vol récréatif (non professionnel) sous 25 kg. Le ministère de l'Intérieur a sa propre grille de formation pour les drones de loisir.
- Les activités menées par des détenteurs d'une licence de pilote qui ont passé un module drone dans un cadre civil traditionnel (cas marginal).
Concrètement, si tu vends une prestation drone B2B en France en 2026 et que ta mission sort du strict cadre de la catégorie Ouverte, tu as besoin du CATS.
Déroulement de l'examen
L'examen CATS se passe en salle, en présentiel, dans des centres agréés par la DSAC. Format :
- 60 questions à choix multiples
- 1 heure 30 maximum pour composer
- Note de passage : 75 % minimum, soit 45 bonnes réponses sur 60
- Saisie sur poste OCEANE, la plateforme d'examen que la DSAC utilise aussi pour les licences pilote privé (PPL) et ULM
Les questions couvrent l'ensemble du périmètre de connaissance défini par l'EASA. Il n'y a pas d'ordre imposé : tu peux sauter une question et y revenir, revoir tes réponses avant validation. La plateforme OCEANE verrouille la copie à la fin du temps imparti — aucune tolérance.
Le coût d'inscription est d'environ 30 € par passage, acquitté à l'inscription. Si tu échoues, tu peux te représenter après un délai minimum — typiquement quelques semaines, selon la disponibilité des créneaux.
Les centres d'examens
La DSAC a retenu dix centres en métropole et sept en outre-mer. La liste précise varie légèrement au fil de l'année selon les ouvertures et fermetures de sessions. À la date de parution de cet article, les centres métropolitains les plus actifs sont concentrés dans :
- Île-de-France (Athis-Mons, Orly)
- Aix-en-Provence (DSAC Sud-Est)
- Bordeaux (DSAC Sud-Ouest)
- Lyon (DSAC Centre-Est)
- Toulouse (DSAC Sud)
- Rennes (DSAC Ouest)
- Lille (DSAC Nord)
- Nancy (DSAC Nord-Est)
- Strasbourg (DSAC Nord-Est — antenne)
- Bastia (DSAC Corse)
La liste officielle exhaustive est mise à jour sur ecologie.gouv.fr — certains centres ont des jours d'ouverture limités selon les sessions.
Pour l'outre-mer, des sessions sont organisées périodiquement à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte. La fréquence y est plus faible — compter plusieurs semaines d'attente.
La réservation d'un créneau passe par la plateforme OCEANE. Un compte candidat te permet de choisir la date et le centre, avec un paiement en ligne. L'historique des créneaux 2024-2025 montrait des délais d'attente de 2 à 6 semaines en moyenne sur les centres les plus sollicités (Paris, Lyon, Bordeaux). En 2026, avec l'afflux de candidats issus de la bascule CATT → CATS, les délais observés en janvier et février ont parfois dépassé 8 semaines sur certains centres, selon les retours filière.
Les sujets couverts
Le CATS teste la maîtrise de sept domaines de connaissance, alignés sur la matrice EASA pour la catégorie Spécifique :
Réglementation aérienne générale. Structure de l'espace aérien français et européen, classes d'espace, zones réglementées (ZRT, ZIT, ZIR), procédures d'intégration. C'est le bloc le plus dense du CATS, souvent le plus discriminant.
Réglementation drone spécifique. Règlements européens 2019/947 et 2019/945, classes de drones (C0 à C6), marquages, STS, PDRA, SORA, obligations de l'exploitant, formations requises, assurance RC pro.
Performance humaine et limitations. Facteurs humains, fatigue, stress, effet de la pression opérationnelle, CRM appliqué au télépilotage, gestion d'une situation dégradée.
Météorologie aéronautique. Lecture METAR/TAF, vents, visibilité, turbulence mécanique, phénomènes locaux (brise de mer, effet Venturi), seuils de sécurité pour une mission drone.
Procédures opérationnelles. Préparation de mission, briefing équipe, check-list pré-vol, procédures d'urgence, gestion de la panne, perte de liaison (lost link), RTH.
Aérodynamique et mécanique du vol. Principes de vol des voilures tournantes et fixes, performances selon altitude/densité, limites d'enveloppe, comportement en cas de panne moteur.
Navigation et principes de pilotage. Lecture de carte OACI, utilisation de GPS, calculs de route, autonomie, réserve carburant, communication radio (pour les opérations qui l'exigent).
La répartition des questions par domaine n'est pas figée. Les retours terrain depuis janvier 2026 situent la réglementation (domaines 1 et 2 cumulés) autour de 40 à 50 % des questions, la météo et les procédures opérationnelles autour de 20 % chacun, le reste étant partagé entre performance humaine, aérodynamique et navigation.
Comment se préparer
Deux voies, avec des logiques très différentes.
Autodidacte
Tu t'appuies sur des supports écrits et des bases de questions en ligne. Ressources utiles :
- Le manuel DGAC officiel, publié sur ecologie.gouv.fr, gratuit
- Les guides EASA pour la catégorie Spécifique, gratuits, en anglais
- Des QCM blancs privés (Boursorama, Pilot Web Academy, quelques éditeurs spécialisés), de 20 à 80 €
Budget total autodidacte : 50 à 150 €. Temps de révision réaliste pour quelqu'un qui a déjà un bagage aéronautique (brevet PPL, ULM, ex-militaire, ex-gendarme) : 30 à 50 heures. Pour un profil sans bagage aéro : 60 à 100 heures, voire plus sur les domaines météo et aérodynamique.
Centre de formation
Tu t'inscris dans un centre habilité par la DSAC pour la formation théorique CATS. Les centres connus en France incluent Prepa-Drone (Yoan Bantwell), ABOT (Adrien Seguin), EURADRONES (Laurent Saint-Jean), Telepilote, Escadrone, Clapdrone, Dronelis Academy, et une dizaine d'autres répartis sur le territoire — la liste exhaustive est tenue à jour par la DSAC.
Format habituel : stage intensif 5 jours en présentiel ou mixte, avec cours encadrés, QCM blancs en fin de journée, examen blanc en fin de stage. Certains centres proposent aussi un format e-learning asynchrone pour les profils qui préfèrent réviser à leur rythme.
Budget centre de formation pour la théorique CATS : 800 à 1 500 €. CPF mobilisable dans la plupart des cas — vérifier l'éligibilité de la formation et du centre avant inscription.
L'autodidacte est viable pour qui a un bagage aéronautique ou un profil très discipliné. Le centre de formation devient rentable dès que tu n'as pas le temps — ou la structure — de te préparer en autonomie sur 60 à 100 heures.
Coût total réel pour se lancer
L'examen théorique n'est qu'une ligne du budget. Voici une grille réaliste pour un télépilote qui part de zéro et vise l'opération en STS-01 :
- Inscription examen CATS : 30 €
- Préparation théorique : 0 à 1 500 € (selon autodidacte/centre)
- Formation pratique STS-01 en centre : 900 à 2 200 €
- Examen pratique STS-01 : 300 à 500 €
- Déclaration d'exploitant DGAC sur AlphaTango : gratuit, mais temps de dossier
- Assurance RC pro drone : 400 à 1 200 € annuels selon matériel et zones d'exploitation (voir notre panorama assurance drone pro 2026 pour le comparatif des assureurs spécialisés FR)
- Drone certifié classe C5 pour opérer en STS-01 : 3 500 à 9 000 € selon modèle
Budget total pour entrer sur le marché en STS-01 : entre 5 200 € et 14 500 € la première année. Pour STS-02, ajouter le coût du drone C6 (souvent plus cher — voilure fixe ou hybride, 6 000 à 25 000 €) et la formation BVLOS (supplément de 1 500 à 3 000 €).
Ce qu'il permet de faire
Une fois le CATS en poche et la formation pratique validée, voici les scénarios opérationnels ouverts :
- STS-01 — vol en vue directe en zone peuplée, 120 m max, rayon 50 m autour du télépilote, drone C5 certifié
- STS-02 — vol hors vue directe en zone peu peuplée, 120 m max, distance horizontale jusqu'à plusieurs kilomètres, drone C6 certifié, observateurs au sol obligatoires
- PDRA — scénarios prédéfinis européens hors STS (plusieurs existent déjà, d'autres sont en cours d'adoption au niveau EASA)
- SORA — opérations sur-mesure, dossier d'autorisation à déposer à la DSAC, évaluation au cas par cas selon le risque air et le risque sol
À noter : le CATS ouvre aussi la possibilité de devenir télépilote employé chez un opérateur déclaré, avec le détenteur d'exploitation qui porte la déclaration et l'assurance. De nombreux dispositifs de sous-traitance s'appuient sur ce schéma.
Mon analyse
Trois points méritent d'être posés en 2026.
Premier point : le CATS est plus exigeant que le CATT. Ce n'est pas une opinion isolée. Les centres de formation le mesurent sur leurs stats internes, et l'EASA l'a voulu ainsi. La raison est simple : le CATS n'est pas un certificat de complaisance pour « démocratiser » le vol pro. C'est un filtre qui doit permettre aux autorités de s'appuyer sur des télépilotes dont les connaissances sont réellement alignées avec la catégorie Spécifique européenne. Le taux d'échec au premier passage est nettement supérieur à celui du CATT historique, selon les retours des centres de préparation.
Deuxième point : l'opposition centre/autodidacte est mal posée. Le bon cadrage, c'est « ai-je les 60 à 100 heures réelles à y mettre sur deux mois, dans une fenêtre de disponibilité personnelle ? ». Si la réponse est oui, l'autodidacte est viable et économise 600 à 1 200 €. Si la réponse est non, le centre est un meilleur arbitrage — le coût additionnel est amorti en deux missions pro correctement facturées. Mais l'illusion de l'autodidacte « en survolant 15 heures de cours » est le meilleur moyen d'échouer deux fois de suite, de payer deux inscriptions à l'examen, et d'avoir perdu trois mois.
Troisième point : ne confonds pas CATS et activité pro. Passer le CATS est une étape théorique. Elle ne te rend pas exploitant, ni autorisé à facturer, ni protégé par ton assurance RC pro. Les mois qui suivent le CATS sont les plus critiques — formation pratique, déclaration AlphaTango, choix du matériel, premiers clients. C'est cette phase aval qui fait la différence entre un titulaire CATS qui vit de son drone et un titulaire CATS qui garde son ancien métier en parallèle.
Pour les télépilotes qui démarrent en 2026, l'ordre compte : CATS d'abord, formation pratique ensuite, structuration commerciale en parallèle. Pour les pros qui visent les chantiers BTP, lire en parallèle notre dossier verticale BTP 2026 qui détaille les usages, le matériel adapté et la grille tarifaire du marché. Pour les titulaires de l'ancien CATT qui bascullent, la priorité est d'abord le CATS, puis la mise à jour de la déclaration d'exploitant sur AlphaTango, puis la vérification que le matériel opérationnel est bien certifié C5 ou C6 selon le scénario visé.
La transition de 2026 est un filtre. Elle laissera passer les pros sérieux et mettra en difficulté les prestataires installés sur le mode « je vole un peu, je facture peu, je ne renouvelle pas ». Ce n'est ni bien ni mal en soi — c'est la réalité du cadre européen qui se met en place. Les télépilotes qui tireront leur épingle du jeu sont ceux qui auront compris que le CATS n'est pas une fin, mais un prérequis minimum pour opérer dans le cadre professionnel sérieux que la filière essaie de construire depuis trois ans.
Sources
- Règlement d'exécution (UE) 2019/947 — eur-lex.europa.eu
- Règlement (UE) 2019/945 — eur-lex.europa.eu
- Décret n° 2025-1449 du 31 décembre 2025 — JORF
- Arrêté du 23 décembre 2025 — JORF
- Portail télépilote DGAC — ecologie.gouv.fr
- Plateforme AlphaTango — alphatango.aviation-civile.gouv.fr
- Portail EASA catégorie Spécifique — easa.europa.eu